Partage d’expérience #1

Le 15 mars, à l’école de Temniac à Sarlat, jour de la grève mondiale pour le climat, il n’y a pas eu de cours… mais les enseignantes ont organisé des ateliers avec des parents, des personnels de Mairie, pour tous les enfants de l’école,autour du climat, de la récupération, du recyclage.

Environ 14 ateliers pour 14 groupes (6 classes de primaire) avec plus de 20 parents et tout le personnel du périscolaire.
Un très gros travail d’organisation !

Ci-dessous, la liste des ateliers, et le matériel utilisé…


 Valoriser les déchets Matériel
Visionner une vidéo de sensibilisation vidéos
Créer des affiches pour préserver la nature Papier affiche, ciseaux, colle, feutres, magazines
Trier les déchets : activité et jeux de société du SICTOM Sac avec des déchets lavés, conteneurs aux couleurs du tri, guides de tri
Observer le composteur + comprendre le fonctionnement du lombri-composteur, observer l’humus Composteur, pelles, loupes, coupelles lombri-composteur + guide ( SICTOM)
Pain perdu   Pain dur, œufs, lait, cuisine et ustensiles
Cake à la peau de banane bio Bananes, oeufs, farine…
Tissu enduit de cire d’abeille (bee’s-wraps) : Tissu de récupération, ciseaux crantés, cire d’abeilles en pépites, papier sulfurisé, fers à repasser
Couture 1 :  sacs réutilisables, décoration   Machines à coudre, tissus, aiguilles, fils, ciseaux tissus
Couture 2 lingettes réutislisables Tissus + tissu éponge, machines
Couture 3 : décoration des sacs Laine, boutons, perles, rubans, ….
Jeux de société du Sictom  jeu de l’oie, lotos, déchetterie
Chants pour protéger la planète Vidéo projecteur
Bourse d’échange de vêtements Vêtements classés par âge, tickets d’échange



Newsletter #1

ACTUALITES : J.M Blanquer a rencontré des lycéens du Lycée professionnel de Vanves, le 22 mars, une semaine après  la mobilisation internationale des jeunes pour le climat.

Accompagné de M. François DE RUGY, M. Gabriel ATTAL, Mme Brune POIRSON, Mme Emmanuelle WARGON,  il a répondu a de nombreuses questions posées par une soixantaine de jeunes issus de LP, LGT et d’une classe préparatoire de Bordeaux, des grands travaux inutiles au recul de l’État pour l’interdiction et la fabrication du Glyphosate en passant par la dénonciation courtoise des jeunes devant le manque d’ambition du gouvernement face à l’urgence climatique et le non respect de l’accord de Paris. Des demandes aussi, de lycéens souhaitant être vraiment sensibilisés aux enjeux des changements climatiques, d’autres appelant de leurs vœux  plus de filières en lien avec le développement durable inscrites sur Parcoursup’.  A la fin du « débat », une enseignante, membre du collectif, a remis un courrier aux cinq membres du gouvernement, au nom des Enseignants pour la Planète . J.M Blanquer a assuré qu’il lirait le courrier… dans les transports. A noter : une seconde lettre est en cours de préparation.

Pour lire la lettre : https://enseignantspourlaplanete.com/

A ECOUTER : l’émission « du grain à moudre. Crise climatique : vers une école de la débrouille »

Joëlle LEFORT, enseignante en CM2 et membre du programme éducatif Savanturiers-École de la Recherche,  Anne-Sophie NOVEL, journaliste indépendante, auteure et conférencière spécialisée dans l’écologie et les alternatives durables, l’innovation sociale et l’économie collaborative et  Vincent VERZAT, vidéaste activiste et youtubeur sur la chaîne Partager C’est Sympa réfléchissent aux enjeux que l’école doit dès maintenant affronter face à l’urgence climatique et les réponses qu’elle peut apporter ou qu’elle doit inventer.

AGIR LES VENDREDIS :  Le recours à la fiction

            * En primaire : Tarara des Kiribati, Jean Marie HOSATTE, Ed Glénat, 2017 

La déesse Tarara s’ennuie. Alors, pour se distraire, elle invente le monde : la pierre, l’arbre, la tortue, la pieuvre, les vagues, la lune et le soleil…Puis elle se fabrique un ami, fait naître les hommes et nomme son monde Kiribati. Mais un jour, tout se dérègle et l’océan menace d’engloutir son île paradisiaque…Cet ethno-conte illustré tout en douceur, est basé sur la mythologie et la culture des habitants de Kiribati. Il fait prendre conscience aux enfants de la fragilité de notre Terre et des enjeux du dérèglement climatique

365 Pingouins, Jean-Luc FROMENTAL, Ed Naïve, 2006

Que diriez-vous si 365 pingouins envahissaient votre quotidien au rythme de un par jour ? Qu’en faire ? Les nourrir, les ranger et attendre le prochain ? Cet album un peu loufoque aux illustrations  drôles et parlantes nous rappelle que notre planète et de plus en plus d’espèce qui y vivent sont en train de disparaître…

D’autres ressources dans la bibliographie ici

            * Au  lycée : Dans la forêt, J. Hegland, Ed Gallmeister, 2018

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre.face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.  

Pour une proposition d’exploitation en classe  :            https://enseignantspourlaplanete.com/ressources/

Lettre ouverte aux ministres Blanquer et De Rugy

Une lettre ouverte a été remise en main propre au ministre de l’Education Nationale Jean-Michel Blanquer, au ministre de la Transition Ecologique et solidaire François de Rugy ce vendredi 22 mars, par une enseignante membre du collectif Enseignant.e.s pour la planète, à l’occasion d’une visite ministérielle au lycée Louis Dardennes de Vanves (92)

Nous reproduisons ci-dessous le contenu de la lettre :

Paris, le 22 mars 2019

Monsieur le ministre,

Nous sommes un collectif d’enseignants, exerçant de la maternelle au supérieur. Nous avons lancé, en début d’année, un appel, celui des Enseignant.e.s Pour la Planète. Il a été signé par 5000 collègues, originaires de toute la France.

Cet appel est né d’un constat que vous ne pouvez pas ignorer.

L’humanité est en péril et l’urgence est absolue : le GIEC, le Secrétaire général de l’ONU, des milliers de scientifiques à travers le monde le crient.

Le péril est écologique, énergétique, politique, moral. Du fait de notre inaction et de notre incapacité à prendre les décisions radicales qui s’imposent, nos élèves et nos enfants risquent de vivre sur une planète devenue hostile, en proie aux pénuries. Ils pourraient devenir adultes dans un monde où les libertés et la démocratie ne seraient plus que des souvenirs, où les valeurs humanistes auraient sombré en abandonnant à leur sort des millions de réfugiés climatiques. Si leur santé n’est pas trop affectée, il ne leur restera qu’à contempler une nature dévastée et rongée par la pollution. 

Face à cela, que nous proposez-vous?

Nous avons bien entendu votre proposition de débats sur les enjeux climatiques dans les lycées, vendredi 15 mars , alors qu’un mouvement international de jeunes appelait à la grève et à la prise de conscience. Nous répondons aujourd’hui à votre invitation en accompagnant nos élèves pour débattre avec vous. Mais, Monsieur le Ministre, c’est bien trop peu. Nous ne pouvons nous en contenter et nous sommes déterminés à aller infiniment plus loin.  

D’une part, à l’heure où il est encore possible d’actionner les leviers, de changer le cap des politiques publiques, nous déclarons que nous sommes déterminés à peser de tout notre poids dans ce sens et nous vous enjoignons à accompagner l’ensemble des citoyens dans leur volonté de voir la mise en œuvre d’une politique écologique à la hauteur des bouleversements naturels et sociaux inédits qui s’annoncent.

D’autre part, dans nos salles de classe, nous ne nous résolvons pas à fuir nos responsabilités d‘éducateurs et de citoyens. Nous avons à l’égard de nos élèves un devoir de franchise et d’éducation que nous voulons remplir en les dotant des savoirs, savoir-faire et savoir-être nécessaires en ces temps de crises et de transformations majeures. Le développement durable est au contraire une impasse que nous ne voulons plus enseigner : nous ressentons qu’il va nous falloir être infiniment plus créatifs pour résister au découragement et au repli, et pour proposer à nos élèves des perspectives d’avenir qui puissent les porter. Nous avons commencé à construire des ressources pour mener à bien ces missions d’informer et de former aux crises écologiques et, en espérant pouvoir compter sur votre soutien, nous nous tiendrons prêts à les partager avec tous nos collègues. Nous avons les idées et la volonté, ne nous manquent que la confiance et l’appui institutionnel pour les laisser s’exprimer dans la conception et mise en oeuvre de projets à la hauteur des enjeux.

Nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, à notre dévouement total à nos élèves et à notre attachement profond au service public d’éducation, qui guident notre présente action.

Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre très haute considération.

Le collectif Les Enseignant.e.s Pour la Planète »

Communiqué de Presse Inter-Organisations Education et Jeunesse en soutien aux actions climatiques jeunesse du 15 mars

Ce vendredi 15 mars, la jeunesse mondiale, enfants, adolescents et jeunes adultes, se mobilisent autour de l’urgence climatique.

Nous, animateurs, éducateurs, enseignants et parents,  prenons date et acte en ce 15 mars et nous engageons à prendre date et acte pour tous les 15 mars à venir.

Selon les mots de Jean Jaurès, “l’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes  tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir”.

Ainsi, face aux errances du passé et à la passivité coupable du présent, des foules de jeunes investissent les rues, interpellant dirigeants et décisionnaires, afin de défendre leur avenir à l’aune des innombrables défis que rencontrent notre civilisation. D’autres, ce jour-là, participent dans leurs établissements scolaires à des actions “environnement”. Dans ce même souffle, aux quatre vents du globe, ces jeunes âmes grandissent, s’inspirant les unes des autres, et apprennent à lier modes de réflexion et possibilités d’action.

Nous, animateurs, éducateurs, enseignants et parents, disons aux jeunes : “Faites, car vous êtes ceux qui hériteront du monde de demain ! Mais sachez que vous n’êtes pas seuls !” Sur le chemin vers cette société désirable, nous vous ouvrirons la voie, comme le dit le poète, la lampe en main, parce que nous avons le devoir moral d’être à la hauteur des espoirs que vous portez en ce jour et d’engager tous nos efforts pour vous aider à édifier ce nouveau monde que vous appelez de vos vœux. 

Dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, les laboratoires de recherche, les associations, les mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, nous œuvrons depuis des décennies pour une éducation à visée émancipatrice. Ce travail alliant connaissances scientifiques, formation citoyenne et développement de l’esprit critique, nous le poursuivrons avec toujours plus d’implication et de conviction.

Nous nous engageons sans réserve pour la complémentarité des espaces d’éducation et en faveur de la protection des droits environnementaux de la génération anthropocène. Nous réaffirmons notre souci commun du vivant, faune et flore, avec lesquelles nous partageons un écosystème fragilisé et aux ressources limitées.

Prenons date. Au prochain printemps climatique, mesurons ensemble nos avancées vers cette société désirable.

Contacts

  CNAJEP : audrey.baudeau@cnajep.asso.fr  Audrey BAUDEAU 01 40 21 14 23

  Enseignants pour la planète : Facebook, Twitter, enseignantspourlaplanete@riseup.net

  FCPE : rodrigo.arenas@outlook.fr Rodrigo ARENAS 06 62 39 44 04, 

  Little Citizens for Climate : huu@litllecitizensforclimate.org Quang Huu TRUONG 06 95 45 63 51

  Profs en transition : Facebook et profsentransition@gmail.com   

  Scouts et Guides de France : fmandil@sgdf.fr François MANDIL 06 69 92 00 18

Des débats oui, mais pas comme cela!

Le ministre Jean-Michel Blanquer a annoncé lundi 11 mars dernier l’organisation de débats sur le climat vendredi prochain,  entre 16h et 18H dans tous les lycées.

Si nous pouvons nous féliciter de voir notre ministre se saisir enfin de cette question, nous déplorons le mode opératoire employé. D’une part, imposer un débat à cette date  pourrait affecter fortement la mobilisation et l’élan citoyen en cours quand il faudrait au contraire encourager notre jeunesse à se fédérer dans la durée autour des questions écologiques qui détermineront son avenir.

D’autre part, le dispositif proposé par le ministre est impossible à mettre en œuvre dans des délais aussi courts : comment nos élèves pourraient animer des débats alors qu’ils sont pour la majorité ignorants des risques environnementaux tels que mis en évidence par les travaux scientifiques, et, lorsqu’ils et elles en ont entendu parler, c’est moins grâce à l’Education Nationale que par la minorité qui se mobilise depuis des semaines chaque vendredi ? Comment nos collègues, qui ne sont pas formés à ces questions,et encore moins à les enseigner, pourraient organiser ces débats de façons pertinentes en moins de 4 jours ?

Le collectif Enseignant.e.s pour la Planète maintient son soutien aux lycéen.ne.s et étudiant.e.s qui manifesteront vendredi et son appel à la mobilisation des collègues, soit par la grève, soit par des actions menées dans les établissements, qui sont, elles,  prévues de longue date et pour lesquelles le collectif tient des ressources à disposition.

Le collectif  reste  par ailleurs mobilisé pour inscrire dans les programmes et la formation des enseignant.e.s les défis climatiques et plus généralement énergétiques, environnementaux auxquelles nous devons faire face, ainsi que leurs effets économiques, sociaux ou encore géopolitiques.    Nous défendons aussi la nécessité de définir au plus vite, dans nos établissements et dans nos territoires, des moments et lieux d’échanges collectifs pour prendre conscience des urgences écologiques, s’informer, débattre et réfléchir aux moyens d’y faire face. Une heure verte – exclusivement consacré aux enjeux environnementaux dans leurs dimensions scientifiques, techniques, sociales, économiques, littéraires ou artistique – pourrait ainsi être mise en place de façon hebdomadaire, par classe ou niveau. En outre, la création d’Assemblées des urgences écologiques, au niveau de l’établissement, et réunissant ,sur une base régulière, élèves, parents d’élèves ou étudiant.e.s, enseignant.e.s, administratifs et partenaires pourrait  permettre de proposer des actions concrètes, au niveau de l’établissement et de son territoire, en réponses aux grands enjeux écologiques.

Beaucoup reste à faire, pour former, informer et inventer des modes d’actions face aux urgences environnementales.

Nous restons mobilisé.e.s et déterminé.e.s!

Le collectif Enseignant.e.s pour la Planète