Canicule dans nos écoles : non aux fermetures, non à l’enseignement à distance. Organisons-nous!

La gestion des vagues de chaleur est venue augmenter la liste déjà longue des difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs et actrices de l’éducation aujourd’hui. Enseigner quand les corps sont mis en souffrance, voire en péril, ce n’est tout simplement pas possible.

L’inaction gouvernementale, alors même que des dizaines de pétition existent sur le sujet de la rénovation du bâti scolaire, nous inquiète. En effet, nous craignons que face au défi colossal de l’adaptation des bâtiments scolaires, les pouvoirs publics finissent par opter par une solution de facilité, celle du distanciel et des cours en visio-conférence, dont nous avons déjà pu constater les effets profondément délétères sur les élèves lors des confinements entre 2020 et 2022. 

Sans renoncer un instant à l’impérieuse nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et de mener sur ce sujet des politiques publiques courageuses et responsables, nous faisons donc ici une liste de propositions, qui pourraient avoir un effet immédiat, et dont les différents acteurs et actrices de l’éducation (syndicats, associations, collectivités territoriales) pourront se saisir.

Nous proposons :

  • L’interdiction de la dévégétalisation à proximité des établissements scolaires afin de maintenir des ilôts de fraîcheur à proximité des lieux éducatifs.
  • L’élaboration au sein de chaque établissement, sur le modèle des PPMS (Plan de Prévention et de Mise en Sécurité) d’un plan de prévention des épisodes de canicule, qui permette d’imaginer des situations éducatives alternatives (Adaptation des emplois du temps pour éviter les heures les plus chaudes, utilisation optimisée des locaux, organisation de cours en extérieur, concertation avec les municipalités, les parents d’élèves, les agents du lycée pour rendre possible les éventuels déplacements)
  • La mise à disposition d’espaces publics ou privatifs tels que les musées, conservatoires, salles polyvalentes, parcs, MJC, parc de maison de retraite ou d’hôpitaux, espaces agricoles …. lieux qui pourraient être des « refuges » pour des classes dans les périodes caniculaires. Des protocoles de partenariats devraient être convenus en amont afin de pouvoir être effectifs dés le début d’un épisode de chaleur. Si des difficultés logistiques sont nécessairement à anticiper, ces pratiques de partage de l’espace pourraient avoir aussi un effet extrêmement positif sur le tissu social local. 
  • Inversement, les lieux éducatifs (en particulier lorsqu’ils disposent de cours végétalisés) devraient rester ouverts en dehors du temps scolaire pour en faire bénéficier les populations rendues les plus vulnérables en raison de l’inadaptation du bâti résidentiel.

Aucune de ces mesures ne prétend se substituer à une réelle prise en compte des enjeux environnementaux dans l’action publique. Rénover en profondeur le bâti scolaire doit être une priorité absolue.

En revanche, nos propositions sont porteuses non seulement d’une dimension concrète et immédiatement efficace, mais également, et plus fondamentalement, d’un changement de regard sur la place que nous faisons aux enfants et aux jeunes dans nos quartiers, nos villes, nos territoires et plus largement sur notre manière de partager l’espace.  Quelle posture adopter face au défi climatique, puisque que nous nous refusons à dire « chacun pour soi, chacun chez soi » ? L’entraide et la solidarité sont incontestablement un début de réponse.

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