EPLP sera à l’Université d’Eté de l’Education

Les collectifs mobilisés contre les réformes Blanquer organisent les 26, 27 et 28 août à la Cartoucherie de Vincennes (75012) la première Université d’Eté de l’Education : .

« Les objectifs de cette université d’été sont triples : fixer un rendez-vous par delà la période estivale, prolongeant les luttes en cours quel que soit leur résultat, reprendre la main sur notre métier et ne plus le laisser à une technocratie éloignée de nos classes, et enfin, le plus important et ce qui nous demandera le plus grand effort, déterminer un nouveau cadre idéologique et pédagogique pour nos écoles, nos collèges, nos lycées et nos universités. Nous avons bien conscience du caractère à la fois nécessaire et utopique de notre démarche. L’urgence impose que nous nous parlions, que nous débattions et que nous nous retrouvions, les plus nombreux et décidés possibles, par delà nos sensibilités, par delà nos affiliations mais unis par le souci de nourrir une nouvelle ambition pour nos élèves et pour l’école. (Extrait de l’Appel)

Enseignant.e.s Pour la Planète y sera évidemment!

Retrouvez-nous mardi 27 août à 11h dans l’espace « Dialoguer » pour un atelier sur le thème : « Enseigner les risques et l’espoir à l’heure des périls écologiques ». Trois enseignant.e.s de EPLP et une lycéenne de YFC viendront parler de leurs expériences : comment parler des crises écologiques en classe? Avec quels mots? A quelles réactions peut-on s’attendre et comment y répondre?

Retrouvez-nous également mercredi 28 août à 11h dans l’espace « Enseigner » pour un atelier sur le thème du numérique à l’école (nous y évoquerons notamment la question de la formation à un usage écologique du numérique).

Enfin, nous participerons mercredi 28 août à la causerie de 12h30 animée par deux lycéennes de Youth For Climate et Greenpeace qui viendront parler des mobilisations lycéennes pour le climat, de la manière dont l’Education Nationale y a réagit et de la place (à construire!) des enseignant.e.s dans ce mouvement.

Pöur lire l’Appel en entier, s’inscrire (libre participation aux frais) et consulter le programme, c’est ici!

La mobilisation est lancée pour la rentrée 2019

Les 20 et 21 septembre seront le coup d’envoi d’une semaine de mobilisation et plus largement d’une série d’actions citoyennes pour faire bouger les lignes de façon décisive sur le terrain des crises écologiques.

Enseignant.e.s pour la Planète sera évidemment présent dans toutes ces mobilisations. Le collectif est d’ailleurs co-signataire de la tribune appelant à une mobilisation forte les 20 et 21 septembre, à la veille du sommet exceptionnel de l’ONU.

Comme nous l’avons fait pour le 15 mars et le 24 mai, nous ferons des propositions pédagogiques pour que chacun.e de nous puisse aborder ces questions cruciales avec ses élèves. Si vous souhaitez apporter votre contribution n’hésitez pas à prendre contact avec nous (enseignantspourlaplanete@riseup.net)

EPLP rejoint la mobilisation contre les réformes Blanquer

EPLP sera demain en conférence de presse aux côtés de nos collègues du mouvement BLOQUONS BLANQUER. Nous avons décidé au sein du collectif EPLP de soutenir pleinement la mobilisation contre les réformes Blanquer (loi dite sur « l’école de la confiance » et réforme du lycée). Nous appelons tou.te.s les collègues à s’informer (www.bloquonsblanquer.fr) et à se joindre à ces mobilisations, en particulier la grève des examens à partir du 17 juin. Outre que nous partageons les critiques et les inquiétudes de nos collègues, nous voulons rappeler ici la convergence de nos préoccupations :

  • Nous voulons voir préservée notre liberté d’expression, remise en question par l’article I de la loi sur l’Ecole de la Confiance
  • Non seulement nous voulons être mieux formé.e.s nous-mêmes (sur les enjeux écologiques en particulier) mais nous refusons absolument que des élèves soient confié.e.s à des étudiant.e.s non formé.e.s au métier d’enseignant.
  • Nous nous inquiétons de voir une spécialisation utilitariste de nos enseignements en raison de la réforme du lycée, en particulier du lycée professionnel, alors même que l’incertitude des temps demanderait de favoriser la polyvalence et la pluralité des savoirs et des savoir-faire, et de donner avant tout à chacun les moyens de son émancipation.
  • Nous dénonçons le recul de la place des sciences dans la formation de tou.te.s les lycéen.ne.s suite à la réforme du lycée général et du lycée professionnel
  • Nous déplorons une réforme qui pénalise les territoires ruraux et périurbains au profit des établissements de centre-ville et qui, plus globalement, fragilise les équipes et enterre l’idée de l’égalité entre les territoires.

Nous lirons demain lors de la conférence de presse un texte rédigé avec Youth For Climate France, qui a également décidé de rejoindre la mobilisation.

Newsletter #4

ACTUALITES  

Mobilisation internationale pour la planète vendredi 24 mai

Après le 15 mars, continuons de dire l’urgence écologique et climatique, faisons en sorte que la mobilisation à venir soit à la mesure des enjeux que nous avons commencé à vivre. Informons, débattons, sensibilisons, luttons pour l’avenir de nos enfants, de nos élèves.

Une affiche et des tracts pour informer, et mobiliser le plus grand nombre d’enseignant.e.s.

Lycéen.ne.s et collégien.ne.s, par la voix de Youth For Climate, interpellent leurs enseignant.e.s dans une lettre, à diffuser sans modération.

Le collectif répond à Jean-Marie Blanquer et François de Rugy dans une lettre ouverte publiée dans Médiapart, suite à l’entretien de la délégation d’Enseignant.e.s pour la Planète avec deux secrétaires d’État des ministères de l’écologie et de la transition écologique et de l’Education Nationale (voir Newsletter #3)

A LIRE, A VOIR

 L’humanité en péril. Virons de bord, toute !  de Fred Vargas

Épuisement des matières premières, pénurie d’eau, déforestation, émissions des gaz à effet de serre responsables du réchauffement…dans son livre, l’auteure de polars Fred Vargas, docteure en archéozoologie et chercheuse au CNRS, passe en revue les causes de l’état déplorable de la planète et du monde vivant. Elle propose des actions concrètes mais aussi leurs limites. Elle dénonce le système productiviste qui dirige le monde, sa responsabilité face à la désinformation dont est victime la population mondiale depuis 40 ans. Les lobbys agroalimentaires, entre autres, sont en ligne de mire de cet essai coup de gueule indispensable.

 « On est face à la plus grande tragédie qu’ait jamais vécu l’humanité et les politiques sont absents, impotents. Et au lieu d’aller dans le bon sens, on va dans le mauvais sens.»

Une interview de Fred Vargas sur Franceinfo ici

Philosopher avec Miyasaki : Nausicaä, la revanche de la nature

Emission « Les chemins de la philosophie », sur France Culture.

Tiré d’un manga qu’il a lui-même écrit, Miyazaki réalise « Nausicaä de la vallée du vent », son second long-métrage, en 1984. Le film met en scène une jeune fille, Nausicaä, qui doit sauver la planète envahie par la pollution, la forêt toxique appelée « fukaï », et en proie aux guerres dans les communautés survivantes…

Cette oeuvre, située dans un futur post apocalyptique, « porte en elle  l’esthétique rétro-futuriste, un mélange de choses anciennes et futuristes »  comme l’analyse l’invité de l’émission, Raphaël Colson, essayiste spécialisé dans l’étude de l’imaginaire populaire et l’imaginaire futuriste. Dans son film, Myisaki mène une réflexion sur l’éthique de la terre.  Doit-on dominer la nature ? Doit-on chercher l’équilibre ?

Et la bande-annonce de Nausicaä ici 

Le rapport de L’IPBES

L’IPBES )Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) est un organisme intergouvernemental regroupant 450 expert.es du monde entier. Sa mission est d’évaluer l’état de la biodiversité. Après 3 ans de recherche, il a publié un rapport très alarmant le 6 mai 2019, repris et analysé par TV5 monde et Géo.

Retrouver nos liens sur ce rapport et la biodiversité ici

AGIR DANS LES CLASSES

Dans le cadre de la mobilisation du 24 mai

Vous trouverez ici de nombreuses ressources proposées par Enseignant.e.s Pour La Planète.

Contribuer à l’observation de la biodiversité et des écosystèmes

Le portail des Observatoires Participatifs des Espèces et de la Nature (OPEN) recense et permet à chacun.e, spécialiste ou amateur, de participer à des programmes de sciences participatives.

Ces observatoires ont pour objectif d’améliorer les connaissances, mais aussi d’éduquer et sensibiliser aux enjeux sur la biodiversité, à travers l’implication citoyenne et la pédagogie par l’action. Le site met à disposition de nombreuses ressources pour s’impliquer ou s’informer.

Des outils pour la mobilisation du 24 mai

Voici comme pour le 15 mars des outils pour susciter la mobilisation dans nos établissements. Bonne mobilisation!

Nos élèves s’adressent à nous

Les jeunes de Youth For Climate France, qui sont des étudiant.e.s et des lycéen.ne.s, nous ont demandé de diffuser ce texte, qu’ils/elles adressent directement à leurs profs. Texte à diffuser largement dans les salles des profs!

Voici un extrait : « En tant que professeurs, vous êtes les personnes que nous côtoyons le plus dans la journée. C’est vous qui nous ouvrez au monde en nous instruisant, c’est par vous que l’on grandit. Nous avons besoin de vous, avec nous, dans les rues le vendredi 24 mai ! Ensemble nous pouvons changer les choses : l’État britannique a déclaré l’état d’urgence climatique, nous pouvons arriver à la même chose en France. »

Notre lettre ouverte publiée sur Médiapart

Voici le contenu de notre lettre ouverte à Jean-Michel Blanquer et François de Rugy publiée ce matin sur le blog de Médiapart et mise en Une par la rédaction du journal.

Messieurs les ministres,

          Nous sommes un collectif d’enseignants, exerçant de la maternelle au supérieur. Nous avons lancé, en début d’année, un appel, celui des Enseignant.e.s Pour la Planète. Il a été signé par 5000 collègues, originaires de toute la France.

Vendredi 19 avril, nous avons été reçus par deux conseillers de vos ministères respectifs. La discussion a été très aimable sur la forme, mais très inquiétante sur le fond.  Voilà pourquoi vous recevez cette lettre.

          Messieurs les ministres, les médias et l’opinion publique se font aujourd’hui l’écho des cris d’alarmes lancés par des milliers de scientifiques depuis des années. Nos élèves entendent à la télévision ou sur internet que l’humanité pourrait disparaître, que des épidémies, des évènements climatiques extrêmes, des famines et des guerres sont possibles à court terme, y compris en Europe, que le vivant est menacé partout. « La fin du monde » entendent-ils comme une ritournelle. Peut-on imaginer plus angoissant ?

          Et pourtant, rien de tout cela ne franchit les portes des salles de classe. Pour y faire face, nos élèves sont livrés à eux-mêmes, à la merci potentielle de guides manipulateurs et mal intentionnés. L’Education Nationale tient sur le sujet un discours vague, interrogatif, qui a 15 ans de retard sur les conclusions des scientifiques à présent unanimes sur les conséquences déjà visibles ainsi que sur les risques à venir.

Contrairement à ce que nous ont répondu vos conseillers, la gravité des crises, l’urgence absolue dans laquelle nous sommes, ne relèvent pas d’une « opinion idéologique ». C’est bien la raison, appuyée sur la science, qui commande de les regarder en face.  Nos élèves, qui héritent d’un monde si abîmé, ne peuvent être laissés dans l’ignorance, la confusion ou bercés d’illusions quand, comme il nous l’est demandé dans le BO du 26/11/15, nous devons paradoxalement leur présenter « la vulnérabilité des espaces humains » mais « en insistant sur les capacités des sociétés à trouver les solutions permettant d’assurer un développement durable », capacités jamais démontrées. Refusant le déni, les non-dits et les vœux pieux, nous devons au contraire nous assurer que tous nos élèves entendront une réponse rationnelle, humaniste, républicaine et laïque à ces défis qui nous menacent.  

Vos conseillers ont cru nous rassurer en nous apprenant que l’écologie serait l’une des dix thématiques retenues pour le Service National Universel, qui réunira pour deux semaines tous les jeunes de 16 ans en 2023. Cela nous a consterné : est-ce ainsi que vous gérez l’urgence ? Avez-vous compris dans quelle échelle de temps nous devions agir ?

Parlons des actes justement. Alimentation, énergie, transport des élèves et des personnels… nous avons évoqué avec vos conseillers le fait que l’Education Nationale devait revoir tout son fonctionnement et devenir exemplaire sur le plan écologique, et ce dans un délai court.

Ils ont eux-mêmes concédé que le gouvernement avait peu de projets en dehors d’une rénovation énergétique des bâtiments, et s’était emparé d’une proposition faite par les élèves du CNVL (Conseil National de la Vie Lycéenne) sur la traçabilité des produits proposés dans les cantines. Nous nous attendions à entendre parler circuits courts et visite à la ferme. Quelle ne fût pas notre surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un projet de plateforme numérique qui assurerait sur les producteurs (ainsi mis en concurrence) une collecte et un stockage d’informations (blockchain).   Messieurs les ministres, les bras nous en tombent : voilà un projet terriblement énergivore, ravageur pour les petits agriculteurs, et qui non seulement entretient l’illusion que la technologie sera la clef de tous les problèmes écologiques, mais aussi conforte l’élève dans sa posture de consommateur, avant tout client d’un marché, qui fait primer la question de son confort et son intérêt sur tout le reste, sans penser un instant au coût écologique et social de ses choix.

Nous ne sommes pas plus rassurés quand vos conseillers évoquent la proposition de ces mêmes élèves d’organiser des « cleanwalk » dans leur ville : ne pensez-vous pas que c’est le rôle d’un service public de dépolluer un territoire, que cette initiative dédouane de toute remise en question les industriels fabricants et qu’elle entretient le mythe d’une économie circulaire dont nous sommes en réalité à des années-lumières ? Rien ne va dans ces projets, mais ils sont révélateurs de ce qui dysfonctionne : l’Education nationale reste prisonnière de la fable du « consomm‘acteur » qui pratique les éco-gestes, comme si cela pouvait à soi seul régler quoi que ce soit. 

Nous souhaitons tout autre chose : c’est d’une nouvelle culture dont nos élèves ont besoin, en devenant avant tout des producteurs de ressources, des réparateurs d’écosystèmes, des protecteurs du vivant et de leur environnement. Ces élèves doivent voir que toute l’institution se met en branle et accepte de changer de cap. Soyons clairs une fois pour toute : il ne s’agit en aucun cas de revenir « à la bougie » dans nos écoles. Notamment, nous ne versons dans aucune technophobie. En revanche, nous disons que l’école doit être exemplaire dans son refus du gaspillage et dans sa quête de sobriété à tous les endroits.

Sur le numérique par exemple, nous demandons que tous soient formés à des usages drastiquement économes des outils, et informés des coûts écologiques réels de ces outils. Nous réclamons aussi que soit pris en compte et payé le temps nécessaire au nettoyage des outils numériques (boîtes mails, ENT…) que nous sommes obligés d’utiliser, sans jamais avoir de temps dédié pour les gérer de façon responsable. Nous demandons aussi que soit réalisé un audit du numérique dans l’Education Nationale, afin de prendre la mesure de ce que coûte, d’un point de vue écologique, la numérisation et surtout le stockage sur des data-center de millions des cahiers de texte, de documents vidéos et sonores, de bulletins et livrets scolaires, de feuilles d’appel, et de la mettre en regard des progrès réels faits en matière de décrochage ou de réussite scolaire.

En la matière, nous nous inquiétons fortement de l’influence que quelques groupes exercent sur votre ministère, tel que Microsoft ou Google. Est-il vertueux que l’Education Nationale travaille avec des entreprises aussi controversées, alors que des logiciels libres, respectueux de la vie privée et infiniment plus sobres énergétiquement sont à disposition de chacun ?

Nous vous invitons donc à revoir à l’aune de ces considérations chacun de vos partenariats, et ce dans tous les domaines.

Messieurs les ministres, nos établissements doivent devenir les lieux où se prépare activement la société de demain.  Aujourd’hui nos enfants, particulièrement les plus jeunes, passent leurs journées entre quatre murs et ne sortent que pour trouver un environnement toujours plus bétonné ou artificialisé. De leurs écrans à leurs terrains de foot en gazon , sol mort s’il en est, nos jeunes vaquent hors de tout écosystème. Il est de notre responsabilité de remédier d’urgence à cela. 

Faisons cours dehors, allons lire sous les arbres, écrire sur les plages, allons marcher et observer la forêt, faisons du jardinage et du petit élevage autour des écoles, c’est urgent, cela ne coûte rien et ce sera un bénéfice immense pour la santé physique et psychique de nos élèves. Et là où il n’y a ni plage ni forêt, apportons-les. Végétalisons toutes les cours et les pourtours d’école, et transformons-les en prairies, en pâturages, en potagers. Outre que cela réduira l’impact du réchauffement dans les zones urbaines et limitera le risque d’inondations, cela permettra à nos enfants de sentir l’évidence de ce qui les relie à la nature et la nécessité absolue d’en prendre soin.

Mais surtout, si nous voulons que cette société de demain soit porteuse d’espérance pour nos jeunes, il nous faut leur démontrer qu’elle pourra être plus riante, plus belle, plus solidaire et bienveillante,et nous rendre infiniment plus heureux que la société que nous abandonnons.

Messieurs les ministres, nous sommes fonctionnaires. Ethiques et responsables, nous déclarons que nous ferons notre devoir.

Ferez-vous le vôtre ?