La notion de biodiversité

L’objectif de l’activité est de mettre en évidence le fait que la biodiversité n’a pas une définition simple et prend 3 choses en compte : la diversité spécifique, la diversité génétique et celle des écosystèmes. Cette triple définition est dans les programme. L’objectif avec cette activité c’est d’amener au fait que si on veut défendre/sauvegarder la biodiversité, il faut bien prendre en compte ces 3 dimensions (exemple avec les ours des Pyrénnees : si on ne prend que la dimension « spécifique » on se retrouve avec un effondrement faute de diversité génétique. Et même si on remet de le diversité génétique, si on ne sauvegarde pas les espaces de vie c’est cuit aussi). Il faut vraiment prendre en compte les 3 dimensions.
A travers ca, le but du jeu est aussi et surtout de faire connaitre différents exemples aux élèves et de genérer des discussions à chaque fois
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Pour qui? Adapté au programme de 2nd mais aussi utilisable en spé de 1ere et en enseignement scientifique en terminale.

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Aujourd’hui, la conservation de la biodiversité est devenue un enjeu majeur et mondial… encore faut-il savoir de quoi il s’agit.
La définition de la biodiversité a changé au cours du temps, et avec elle la manière de la préserver.

Consigne1/ Étudier les différentes ressources proposées et répondre aux questions posées.
2/ Expliquez quels sont les trois niveaux auxquels on peut définir la biodiversité et préciser quel élément détermine sa résilience (capacité à survivre à des modifications).
3/ Déterminez pour chacun des cas décrits dans la feuille annexe quelle est l’échelle de biodiversité dont il est question.
 Écosystème AÉcosystème B
Nombre d’individus présents dans le milieu15.101912.1011
Nombre d’espèces représentées29 700

Document 1 : Tableau de comparaison de deux écosystèmes théoriques.

Question 1 : Comparez les 2 écosystèmes présentés et montrez qu’on ne peut répondre de manière simple à la question de savoir quel écosystème présente la plus grande richesse du vivant.

Question 2 : Quelle première définition de la diversité du vivant vous évoquent les 2 documents ci-dessous ?

<= Document 2 : Couverture du rapport sur la biodiversité de l’INPN et ONB

Document 3 : Quelles solutions reste-t-il pour sauver la biodiversité ? Le Monde
Ne regarder que jusqu’à 2min23sec


Question 3 : quel autre niveau de biodiversité vous évoque le document ci-dessous ?

Document 4 : Quand on regarde un champ de maïs, il n’y a pas un plant plus grand que l’autre. Tous semblent rigoureusement semblables… C’est normal : l’agriculture, depuis qu’elle existe, est basée sur le principe du clonage.  Pourtant, les individus au sein d’une espèce sont tous différents. Il existe une variabilité génétique énorme. Dans certaines espèces cette variabilité amène même à distinguer des sous-groupes que l’on appelle « variétés » chez les végétaux, ou « races » chez certains animaux (ce qui n’est pas le cas de l’espèce humaine, bien trop récente).

Question 4 : quel autre niveau de biodiversité est évoqué dans les différentes ressources ci-dessous ?
Document 5 : La notion d’écosystème

        Les êtres vivants, même d’espèces différentes, sont tous en interaction les uns avec les autres. Ces liens sont très étroits et de nature très variable. On peut penser bien sûr à la relation de prédation formant un réseau trophique (chaînes alimentaires) très dense. Mais aussi par exemple aux insectes pollinisateurs sans lesquels la reproduction des plantes serait impossible ou aux arbres dans lesquels viennent nicher les oiseaux ou s’abriter les écureuils…
        Une espèce ne peut survivre seule. C’est l’imbrication de toutes les espèces qui assure leur développement à long terme. Et la disparition d’une espèce peut avoir des conséquences sur de nombreuses autres.

        Mais il existe également un lien très étroit entre la biocénose et le biotope. Les deux sont intimement intriqués : la biocénose influence le biotope, et le biotope influence la biocénose. Ainsi, la température qui règne dans une forêt dépend beaucoup de la densité de l’ombrage des arbres, laquelle influence les espèces qui se développeront dans la forêt. Par ailleurs l’acidité du sol va influencer les espèces qui vont s’y développer, lesquelles modifieront également l’acidité de ce sol… Un autre exemple consiste en l’influence de la végétation sur la pluviométrie : les arbres font pleuvoir (du fait de l’évapotranspiration par les feuilles qui augmente l’humidité atmosphérique). C’est tout le problème de la déforestation qui fait chuter la pluviométrie et accélère d’autant plus la désertification.

        Ainsi, c’est l’écosystème dans son ensemble, constitué du milieu et de tous les êtres vivants le composant, qui est vu dorénavant comme une unité du vivant.

Document 6 : Kim Preshoff, Pourquoi la biodiversité est-elle si importante ?, Ted Ed, 4’18’’ VO sous-titrée (cliquer sur l’icône « roue » pour accéder aux sous-titres)

FEUILLE ANNEXE

Document 1 : l’Arche de Noé sur le mont Ararat, de Simon de Myle (1570)

Document 2 : ours des Pyrénées
« L’ours des Pyrénées » correspond à une population d’ours bruns européens (Ursus arctos arctos) vivant, comme son nom l’indique, dans les Pyrénées. À cause d’une pression toujours plus importante de l’être humain sur leur habitat et leur population, le nombre d’ours français n’a cessé de diminuer. Dès le début du XXe siècle, on ne trouve plus aucun ours en dehors des Pyrénées, où leur nombre est estimé entre 70 et 150. On recensait une quinzaine d’individus dans les années 1980. De tels effectifs sonnent le glas de l’ours des Pyrénées, car même si une préservation extrême avait été menée, la consanguinité est telle que la population ne peut que décliner plus encore. Les espèces ne sont viables à moyen, voire à court terme que s’il existe une certaine diversité au sein de leur population.

À partir des années 1990, pour sauvegarder la présence d’ours dans les Pyrénées et alors qu’il ne reste plus que 5 individus, le gouvernement français décide de lancer un vaste programme visant à introduire des ours bruns d’origine slovène, proches de la souche pyrénéenne. Les deux derniers ours slovènes introduits l’ont été en octobre 2018.
Aujourd’hui, la population est de plus d’une cinquantaine d’ours.

Document 3 : Les parcs zoologiques traditionnels

Comme celui de Barcelone, ces parcs ont pour objectif de sensibiliser à la protection de la biodiversité en la présentant au public.
Dans ces zoos, un maximum d’espèces sont présentées dans des espaces dédiés à chacune (aquariums, minilacs, enclos…). Il y a ainsi la cage au lion, l’enclos aux zèbres, l’enclos à girafe, la mare aux hippopotames, etc.

Document 4 : Le réensauvagement d’espaces naturels

L’ASsociation pour la Protection des Animaux Sauvages est une association de protection de l’environnement qui, parmi d’autres actions, réalise depuis une trentaine d’année des acquisitions de vastes territoires dans le but de les préserver de l’impact humain. Ils sont « rendus à la nature » et constituent ce que l’association appelle des « Réserves de vie sauvage ».

> Vidéo de sensibilisation pour le projet de conservation de 500 ha dans le Vercors (0’53’’) :

Cette approche de préservation de l’environnement, appelée « réensauvagement », considère la présence humaine comme néfaste en soi. D’autres écologistes considèrent que l’être humain est une espèce parmi d’autres, ayant donc toute sa place au sein de l’environnement, et que le travail doit consister à ce qu’humains et non-humains puissent cohabiter. Reste que dans un contexte d’effondrement rapide de la biodiversité, cette solution peut apparaitre comme une « solution d’urgence » sans être un objectif en soi.
Ce réensauvagement de grand territoire peut aussi poser des problèmes en obligeant des populations humaines autochtones (lesquelles ne sont souvent pas responsables des grands dégâts) à quitter leur territoire. Ce problème a pu s’observer notamment en Amérique du Sud par exemple.

Document 5 : Conserver la diversité des variétés
Lien 1 : Diversité des semences pour la sécurité alimentaire (3’05’’) :
Lien 2 : Ariège : la commercialisation des semences anciennes par Kokopelli à nouveau en question (1’56’’) :



Document 6 : Des parcs zoologiques « nouvelle génération »

Le biodôme de Montréal est un parc zoologique achevé en 1992 au sein du vélodrome des JO de 1972.
L’espace intérieur du bâtiment a été entièrement transformé afin d’y accueillir des zones reproduisant quatre des écosystèmes des Amériques :
– la forêt tropicale humide (2 600 m²) ;
– la forêt laurentienne, c’est-à-dire la forêt mixte québécoise (1 518 m²) ;
– le golfe du Saint-Laurent (1 620 m²) ;
– Le pôle Nord et le pôle Sud (617 m²).


Dans un espace restreint, l’habitat naturel des animaux a été recréé (végétation, luminosité, température, humidité, saisons, etc.). Les animaux y ont alors des interactions « normales » avec leur environnement. Le Biodôme présente plusieurs milliers d’espèces animales et végétales recueillies sous les différentes latitudes du continent américain.


C’est dans ce même esprit qu’a été conçu le Bosc inundat (forêt inondée) de la CosmoCaixa de Barcelone, illustrant une forêt tropicale humide sur un espace de 1 000 m2.

Document 7 : La fragmentation des paysages

Routes, voies ferrées, déforestation partielle… les paysages sont de plus en plus fragmentés en plus petites surfaces qui ne communiquent plus entres elles. Car si un oiseau passe d’un endroit à un autre sans problème et qu’un sanglier peut (moyennant une mortalité non négligeable) traverser une route, cette séparation devient une barrière infranchissable pour un tout petit insecte. Cette séparation, aussi anodine qu’elle puisse paraitre est lourde de conséquence quand bien même elle n’entrainerait pas, a priori, une disparition massive comme pourrait l’être l’assèchement d’une mare ou une déforestation massive, car elle crée 2 populations distinctes quand il n’y en avait auparavant qu’une seule. Et ces 2 populations ne sont pas homogènes. Certaines variétés peuvent ainsi se retrouver isolées et être amenées à disparaitre. Cela crée également des sous-populations distinctes qui vont donc être amener à évoluer très différemment. L’effet sur la biodiversité est donc très important. Pour y remédier, il est donc important de prendre en compte ce critère en essayant de fragmenter au minimum les écosystèmes et en créant un maximum de « corridor » permettant le passage des animaux de part et d’autre de la séparation.