Voici une lettre rédigé par des membres du collectif. Nous vous proposons de l’adapter librement et de la lire à vos élèves, le 20 ou les jours précédents. Plusieurs versions existent, adaptées à tous les âges.

Lettre à mes élèves.

Tu as sans doute remarqué qu’aujourd’hui n’est pas tout à fait une journée comme les autres. Peut-être que tu le savais : aujourd’hui c’est une journée internationale de mobilisation pour la planète. Il y a même des enfants, du même âge que toi, qui ont décidé qu’aujourd’hui ils feraient la grève de l’école pour sauver la planète.

C’est vrai qu’aujourd’hui est une journée un peu spéciale et que je ne m’adresserai pas à toi comme d’habitude. Aujourd’hui je ne te demanderai pas si tu as fait des devoirs, si tu veux passer au tableau ou si tu as retenu quelque chose du cours précédent. Aujourd’hui j’ai quelque chose à te dire : la planète sur laquelle nous vivons ne va vraiment pas bien.

Tu le sais sûrement déjà, mais voilà. La situation est trop grave pour qu’on continue à faire nos cours comme si de rien n’était. N’aie pas peur : il ne va rien arriver immédiatement. Lundi nous ferons cours normalement. Mais lundi il faudrait tout de même que nos vies n’aient pas recommencé exactement comme avant.

Tu le sais sans doute, l’un des problèmes principaux, c’est le réchauffement climatique. Ce sont les gaz qui sont émis quand nous prenons nos voitures, quand nous prenons l’avion, quand nous faisons venir des marchandises de très loin, quand nous branchons nos appareils numériques. Et comme nous sommes très nombreux et de plus en plus nombreux à faire tout cela, le problème s’aggrave. Et s’aggrave tellement que sur certaines parties de la planète, on ne peut déjà plus vivre, en raison des sécheresses, ou inversement en raison des inondations. Et donc on migre. Chez nous, la situation n’est pas encore si grave, mais il vaudrait vraiment mieux empêcher que cela dégénère. Car c’est même notre capacité à nous nourrir qui pourrait être gravement menacée.

D’autant plus que notre folie de consommation n’a pas que des conséquences sur le climat. Elle en a aussi sur la biodiversité, des plantes et des animaux, parce que nous détruisons leurs habitats naturels et nous les empoisonnons avec nos déchets et nos produits chimiques. Et sur notre santé, parce que nous consommons des produits très transformés, souvent de mauvaise qualité, parfois très pollués, tout comme l’air que nous respirons. 

Tu vois, je ne veux pas te mentir : on ne va pas pouvoir continuer comme cela. Nous sommes les passagers d’une véhicule devenu fou. Il va falloir qu’on appuie sur le frein, vraiment. Trier nos papiers, couper l’eau quand on se lave les dents c’est très bien mais cela ne va pas suffire. Il faut que nous consommions moins, beaucoup moins, d’électricité, de pétrole, de plastique, de viande… Il va falloir qu’on change notre façon de vivre.  Assez radicalement.

Je sens que tu as envie de râler. Je comprends : on va devoir renoncer à des choses qui ont l’air de nous rendre la vie plus facile et parfois plus agréable. Mais tu sais le réchauffement climatique pourrait nous rendre la vie vraiment très difficile et très désagréable.

Et puis là je voudrais te poser une question : est-ce que tu trouves que ça nous rend vraiment heureux, toute cette consommation ? Finalement, ce nouveau téléphone, une fois qu’on l’a dans les mains, la joie ne dure pas éternellement, si ? Et puis le plus important, ce sont tout de même les gens qui nous appellent et nous envoient des messages, non? Ce qui nous rend vraiment heureux, c’est le temps que nous passons avec nos amis, nos familles, avec les autres en somme…  Et là, tu vois, je vois un peu d’espoir : cette société, de faible consommation, pourrait être une société de grande solidarité. Nous aurons peut-être moins de biens, mais nous aurons plus de liens entre nous. Nous pourrions être plus heureux, au final…

Maintenant, comme je te connais un peu, je sais ce que tu vas me dire : « Ce n’est pas moi qui consomme le plus quand même ! Il y en a d’autres qui font bien pire ! Ya pas que moi qui dois faire des efforts ». Et je te donnerai complètement raison. Il y en a qui font bien pire que toi. Je vais même aller plus loin que toi : toi, dans cette histoire, tu es complètement innocent.e. Tu n’y es pour rien, ce monde là, tu ne l’as pas choisi. Mais attention, cela ne veut pas dire que ça ne te concerne pas : j’ai juste dit que tu n’étais pas coupable. Donc effectivement, tu as raison. Tu n’es pas le ou la seul.e à devoir faire des efforts, on va devoir en faire tous. Et je vais encore aller un peu plus loin et te rappeler que tu as le droit de demander des comptes à celles et ceux qui t’ont mis dans cette situation. Oui cette situation n’est pas arrivée sans prévenir, cette situation n’est pas le fruit du hasard, cette situation n’a rien de naturel. Il y a eu des demandes, des choix, des lois, des pressions, des arbitrages qui ont été faits. On a tous laissé la situation se dégrader : mais nos parts de responsabilités ne sont pas les mêmes pour chacun.e de nous.

Peut-être te sens-tu en colère ou triste maintenant. Tu en as le droit, et même tu as de très bonnes raisons pour cela. Je t’encourage à en parler et je m’engage à être disponible pour en parler avec toi. Mais la colère et la tristesse ne doivent pas l’emporter : la planète tourne toujours, nous sommes dessus, bien vivant.e.s et elle a besoin de nous et de notre détermination à agir.