FAQ et outils de mobilisation pour le 15 mars

Vous cherchez nos propositions pédagogiques? Elles sont sur cette autre page!

Voici notre boîte à outils pour la mobilisation du 15 mars!

  • Lettre aux chef.fe.s d’établissement (à déposer ou donner en main propre éventuellement par le biais des délégué.e.s syndicaux/-ales).
  • Affiche pour la salle des profs (il y a 2 pages, couleur ou N&B)
  • Tract à diffuser dans les casiers des collègues (4 exemplaires par feuille)
  • Et une affiche, faite par des parents pour des parents!

Que faire le 15 mars ? Réponses à quelques questions fréquentes…

CAS N°1 : je veux être gréviste

Tout le monde peut-il faire grève ?
Tous les personnels de l’Education Nationale ( y compris stagiaires et contractuel.le.s) ont le droit de faire grève. Il est interdit de sanctionner quelqu’un pour fait de grève. Il est exercé une retenue sur salaire proportionnelle à la durée de la grève (1/30è du traitement + 1/30è des primes par jour de grève)

Faut-il un syndicat pour faire grève ?
Oui. Dans la fonction publique, ce sont les syndicats qui peuvent déposer des préavis de grève (5 jours avant la date prévue). En l’occurrence, nous serons couvert.e.s par les préavis déposés par les syndicats suivants : Sud Education, SSNESUP-FSU / SNCS-FSU / SNASUB-FSU (ces préavis couvrent tout le monde, y compris les non-syndiqué.e.s)


Suis-je obligée de me déclarer gréviste ?
La procédure est différente dans le 1er et le 2nd degré.
Dans le 1er degré, chaque enseignant.e doit déclarer son intention de prendre part à la grève au moins quarante-huit heures comprenant au moins un jour ouvré avant de participer à la grève.
Dans le 2nd degré, l’enseignant.e est libre de se déclarer gréviste ou de laisser l’administration constater son absence.


Ai-je le droit de dire à mes élèves pourquoi je fais grève ?
Le texte de référence est la Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
• Les enseignant.e.s sont des fonctionnaires qui ont statutairement le droit à la libre opinion
• Les enseignant.e.s sont tenu.e.s au secret professionnel quand ils/elles sont dépositaires de renseignements sur un particulier et à une obligation de discrétion professionnelle quand ils/elles sont dépositaires de documents ou d’information relatifs à leur activité. En revanche, l’obligation ou le devoir de réserve ne sont pas dans la loi. Ce sont des « constructions jurisprudentielles » qui varient selon le niveau de responsabilité (on n’attendra pas d’un.e enseignant.e la même réserve qu’un.e inspecteur /-trice), selon les circonstances, les modalités (écrit ou oral) et le contenu (en contradiction ou non avec la neutralité du service public).


Je peux donc dire à mes élèves que la situation écologique est très grave et que c’est pour cela que les enseignant.e.s se mobilisent ?
Cela varie évidemment en fonction du public que l’on a en face de soi (âge, handicap….). Mais dans le cas où l’on s’adresse à des lycéens, on pourra tout de même s’appuyer sur les références suivantes :
1) Pour montrer que ce point de vue n’est pas partisan mais au contraire démontré par des centaines de scientifiques, et que les crises écologiques ne relèvent plus de l’opinion, mais du constat, on peut s’appuyer sur les nombreuses tribunes publiées dans la presse

2) Pour montrer que l’appel à la mobilisation citoyenne est présent jusqu’au plus haut niveau des institutions :

  • Au sujet du dérèglement climatique, Nicolas Hulot appelait la société civile au « sursaut » en août 2018 quand il était encore ministre. Il avait dit aux député.e.s avoir « besoin de leur indignation » concernant la biodiversité (mars 2018)
  • Même le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans son discours du 10 septembre 2018 a appelé les sociétés civiles à se mobiliser et à demander des comptes à leurs dirigeant.e.s

Ai-je le droit d’appeler mes élèves à la grève ? Que faire pour les mobiliser ?
Non, car les élèves eux-mêmes (jusqu’au lycée) n’ont pas le droit de grève. Ils ont une obligation d’assiduité. Le texte de référence est le décret n° 91-173 du 18 février 1991 relatif aux droits et obligations des élèves, qui mentionne l’obligation d’assiduité en cours. Agissant en fonctionnaires éthiques et responsables, nous ne pouvons les inciter à déroger à cette obligation.
Nous pouvons en revanche demander à nos administrations de banaliser la journée ou l’après-midi du 15 mars pour que nos élèves puissent participer à cette mobilisation citoyenne mondiale qui s’organise. Nous pouvons rappeler qu’il ne s’agit pas d’un mouvement partisan, mais d’un mouvement citoyen, destiné à préserver la possibilité de vivre en paix, en démocratie, en sécurité dans un monde préservé du chaos écologique. Nous vous proposons ci-dessus une lettre du collectif pour votre administration. Nous pouvons également montrer que dans certains établissements, les collègues bénéficient d’un réel soutien de la part de leur direction. On peut prendre l’exemple du lycée Bristol de Cannes, où les élèves ont pu travailler en EMC sur la rédaction d’un tract destiné à sensibiliser leurs camarades.

En cas de refus de cette journée banalisée, vous pouvez utiliser l’appel à la grève et inciter vos collègues à faire de de même, afin que vos élèves soient dispensé.e.s de cours : libre à eux/elles, alors, de se rendre à une manifestation (les lycéen.ne.s ont le droit de manifester). S’ils/elles décident de vous accompagner en manifestation, ils/elles ne sont pas sous votre responsabilité. Rappelons ici que les manifestations pour le climat ont jusqu’ici été parfaitement pacifiques.

Je pense que la grève va braquer les parents contre notre mouvement. Que leur dire ?
On peut leur rappeler que la grève est un droit et que c’est le moyen qui a permis les conquêtes sociales dont nous jouissons aujourd’hui. On peut aussi leur rappeler que le 15 mars est une journée d’appel mondial à la grève générale : tout le monde est appelé à faire grève, y compris les parents, donc.
Nous pouvons enfin rappeler aussi que nous nous mettons en grève pour les enfants, pas pour des intérêts « corporatistes ».

CAS N°2 : je ne veux pas être gréviste

Je n’ai pas envie de faire grève, ce n’est pas manière de me faire entendre

C’est tout à fait légitime aussi et de nombreux collègues travaillant en maternelle et en école primaire nous écrivent pour nous dire qu’ils /elles se sentiraient plus utiles en restant dans leurs établissements ce jour là. Il y a donc évidemment d’autres possibilités pour se faire entendre :
Organisation d’une journée thématique, proposition d’un code couleur pour la journée (tout le monde s’habille en vert, tout le monde porte un ruban vert), proposition d’une sortie thématique, d’une projection-débat, d’un atelier philo pour enfant, rédaction commune de lettres ouvertes, etc… N’hésitez pas à nous faire parvenir vos idées!

Vous trouverez toutes nos propositions spécial 15 mars (séquences / cours / activités) ici!


Avec son autorisation, nous reproduisons ici la proposition de notre collègue Renaud Barreau qui est enseignant en maternelle à Nantes :

Le 15 Mars, à l’occasion des diverses manifestations pour le Climat partout dans le Monde, notre école restera ouverte mais les enseignants présents ce jour-là le seront bénévolement, puisqu’ils verseront l’équivalent exact de leur journée de salaire à la coopérative de l’école. Ce budget servira à acheter des plans d’arbres fruitiers, qui seront mis en terre avec les élèves dans l’espace en herbe de la grande cour de récréation. Ce 15 mars, nous demandons à toutes les familles de l’école de venir symboliquement sans voiture amener leur enfant le matin. A vélo, à pied ou en trottinette, tout le monde sera accueilli dans le hall avec une boisson chaude, un croissant et un peu de musique.
Bien entendu, ceux qui ne peuvent se déplacer autrement qu’en voiture sont les bienvenus quand même, il s’agit bien là de sensibiliser, et non de sanctionner.
Tout au long de la journée, nous mènerons des ateliers d’arts plastiques, de danse et de musique, ainsi que de sensibilisation adaptée aux enfants sur le thème de la Terre. Les classes et les âges seront mélangés, et les parents volontaires nous aideront à encadrer diverses activités.
Un menu entièrement végétarien sera proposé par la cantine.
Nous espérons que vous (les parents) vous joindrez à notre démarche pour passer une journée « différente », sans que l’école soit fermée pour grève et que vous soyez obligé.e.s de trouver une solution de garde. Il s’agit plutôt là de nous retrouver tous ensemble autour d’une ca
use commune.

Quelle que soit la formule que vous souhaitez retenir dans votre établissement, nous vous conseillons :
• De ne pas agir seul.e, d’en parler entre collègues et à vos représentant.e.s syndicaux /-ales.
• D’en parler aux personnels de direction, afin de désamorcer les éventuelles tensions et de leur suggérer de participer plutôt que de s’opposer à la tenue de cette journée
• D’avertir les parents de vos élèves et des les inviter autant que possible à vous rejoindre