Qu’est-ce que le Covid-19 ?

Le Covid-19 est le nom d’une maladie très contagieuse qui touche le système respiratoire.

Elle est due à un virus, qui s’appelle le Sars-Cov2, et qui vient d’une famille de virus qu’on appelle « corona » car ils ont une couronne de protéines qui les entoure et qu’on peut observer au microscope.

Structure du coronavirus

Les corona-virus sont très fréquents : quand on a un rhum, c’est généralement un corona-virus. Mais depuis 2002, on a observé l’apparition de nouveaux corona-virus, beaucoup plus dangereux.

 On l’appelle le Covid-19 parce que cette maladie est apparue en 2019.

Article détaillé de l’INSERM

Est-ce que le corona-virus est une maladie grave ?

Ca dépend, car tout le monde ne réagit pas de la même façon : certaines personnes ne savent même pas qu’elles ont attrapé le virus (on parle de malades non-symptomatiques), d’autres sont très affaiblies (toux, fatigue, vertiges, forte fièvre). Une petite partie des malades rencontre même des problèmes pour arriver à respirer : ils sont alors mis en réanimation avec une machine qui les fait respirer.

Certains malades, souvent les personnes âgées ou qui étaient déjà malades avant, ne survivent pas à cette maladie.

Pourquoi dit-on que le Covid-19 est lié aux animaux ?

Les recherches sont encore en cours actuellement mais on est pratiquement sûr que le corona-virus vient des animaux sauvages, et notamment de la chauve-souris. La chauve-souris est un animal très résistant aux virus : elle en a des dizaines, très puissants, mais son système immunitaire parvient à la protéger.

Renards Volants, Bat, Tropical Chauve-Souris
La chauve-souris a un système immunitaire exceptionnel

Ce n’était pas un problème tant que la chauve-souris vivait dans des espaces «sauvages », loin des humains et des animaux domestiques…

Pourquoi le virus qui était chez l’animal est maintenant présent chez les humains ?

Récemment, la déforestation a fait que les humains se sont installés de plus en plus « chez » la chauve-souris. Les forêts ont été remplacées souvent par des élevages : or la chauve-souris peut transmettre son virus à d’autres animaux, y compris des animaux proches de l’homme. Par exemple, en 1999 en Malaisie, le virus Nipah a été transmis par des chauve-souris à des cochons regroupés dans des élevages, qui ont contaminé leurs éleveurs.

Les humains consomment aussi des animaux sauvages, par exemple le singe, pour leur viande par exemple. Or ces animaux sauvages peuvent avoir été au contact d’une chauve-souris infectée, et retransmettre le virus à leur tour.

La déforestation met en contact des humains avec des animaux sauvages

Pour le cas du Sars-2, il semble qu’une chauve-souris ait infectée un pangolin, qui s’est retrouvé dans une cage du marché de Wuhan pour être vendu. Le pangolin est braconné (chassé illégalement) en Asie et en Afrique pour sa viande, ses os et ses écailles (qui auraient des vertus médicinales selon certaines pratiques). Dans ce marché de Wuhan, il aurait contaminé d’autres animaux et/ou des humains.

Il faudrait alors tuer tous ces animaux porteurs de virus, et commencer par les chauve-souris ?

Ce serait une très mauvaise idée…. Si l’humain ne peut pas cohabiter avec elles, il a absolument besoin d’elles. Les chauves-souris, comme tout être vivant, joue un rôle très important dans la régulation de la vie sur Terre. Comme les abeilles, elles jouent un rôle majeur dans la pollinisation. Elles mangent des insectes, ce qui permet de protéger les récoltes, sans pour autant avoir l’effet destructeur des insecticides. Elles mangent également des moustiques, qui sont eux-mêmes porteurs de virus (par exemple la dingue ou le palud).

On peut donc les considérer comme des alliées…. dont il ne faut pas s’approcher.

Est-ce que ce virus n’aurait pas plutôt été intentionnellement fabriqué, par exemple par l’Etat Chinois ?

Cette théorie, assez en vogue sur les réseaux sociaux, ne semble pas crédible. Fabriquer un virus est techniquement possible, en modifiant des virus déjà connus. Le virus fabriqué est alors une « nouvelle version » des virus connus. Mais le SARS-Cov 19 est presque entièrement « nouveau » : il ne ressemble à aucun autre virus connu.

Vidéo détaillée sur le site du Monde

Est-ce que des épidémies semblables ont déjà existé ?

Depuis 2002, les corona-virus sont plus virulents qu’avant et provoquent des épidémies.

Mais beaucoup d’autres épidémies, liées à d’autres virus ou d’autres bacilles ont existé par le passé et existent encore dans certaines parties du monde : rougeole, choléra, peste, sida, ebola, ….

Quand elles ont été résolues ou du moins contenues, c’est généralement par 3 biais :

  • La découverte d’un vaccin (c’est le cas pour la rougeole par exemple)
  • Des politiques de prévention très fortes (c’est le cas pour le sida, avec le développement de l’usage du préservatif notamment)
  • Une amélioration forte de l’hygiène et notamment de l’accès à l’eau courante (c’est le cas pour le choléra, qui se transmets par les selles)

Le cas du Covid est néanmoins spécifique : c’est une pandémie, c’est-à-dire une épidémie qui se répand dans de très nombreuses régions du globe. Les pandémies ont été plutôt rares jusqu’à maintenant, mais elles pourraient devenir plus fréquentes parce que les humains voyagent énormément (pour le travail ou le tourisme) et transportent le virus.

Pourquoi a-t-on du se confiner ?

Nous avons dû nous confiner car nous n’étions pas prêts pour gérer la contamination de très nombreuses personnes en même temps. Nous manquions de lits dans les hôpitaux, de masques, de blouses…. Il aurait été impossible de soigner un nombre plus important de malades. Même avec le confinement, certains hôpitaux ont été dépassés et n’ont pas pu soigner tout le monde aussi bien qu’il l’aurait fallu.

Pourquoi nos hôpitaux n’étaient-ils pas prêts pour affronter cette crise ?

Depuis quelques années, les gouvernements (dans de très nombreux pays dans le monde) essayent de faire un maximum d’économie, et certaines dépenses pour les hôpitaux ne paraissaient pas nécessaires. Par exemple, en France, on voulait éviter d’avoir des places en trop dans les hôpitaux car un lit vide coûte cher (en matériel, en personnel disponible etc).

C’est un choix qui a été fait, on aurait pu en faire d’autres.

La crise du Corona-Virus est-elle aussi une crise économique et sociale ?

Nous allons à l’évidence vers une crise économique très forte. Une grande partie de l’économie s’est complètement arrêtée pendant le confinement (les commerces, le tourisme, la culture….). L’Etat s’est engagé à aider les entreprises et les personnes en difficulté, mais cette aide ne suffira sans doute pas. D’autre part, l’Etat s’endette pour pouvoir distribuer ces aides.

Mais la crise sanitaire a aussi mis au grand jour les profonds dysfonctionnements de notre société d’avant. Par exemple, elle a mis en lumière les inégalités qui existent entre les personnes aisées qui ont pu partir se confiner dans leurs résidences secondaires et les personnes pauvres qui ont été confinées dans des logements trop petits et insalubres ou qui ont parfois continué à dormir dans la rue.

Est-ce qu’on en fait pas « un peu trop » sur le Corona-virus ? Finalement, il y a des choses beaucoup plus graves….

Effectivement, les guerres, la pollution, les catastrophes naturelles tuent beaucoup plus que le corona-virus. La différence est que le corona-virus nous apparaît comme un danger immédiat, qui nous met immédiatement en face de choix insupportables (choisir entre deux personnes malades par exemple). Quand le danger nous semble plus lointain (comme le réchauffement climatique), ou qu’ils concernent des gens d’un autre pays, nous sommes moins réactifs.

Il ne faut peut-être donc pas se dire qu’on en fait « trop pour le Corona-virus » mais plutôt qu’on en fait pas assez pour les autres problèmes.

Est-ce que la crise du corona-virus est « un dernier avertissement de la nature à l’humanité » ?

C’est une interprétation qu’il est impossible de valider, car on ne peut pas affirmer que la « nature » a des intentions par rapport aux humains.

Mais surtout, plutôt qu’un « dernier avertissement » ou une « vengeance de la nature », il faut considérer la crise du corona-virus comme une conséquence très logique et souvent annoncée des actions de l’humain sur les éco-systèmes et de notre de développement. Cette crise n’a en fait rien de surprenant, elle est aussi logique et attendue que les feux de forêts en Amazonie par exemple : elle est la conséquence des actions de déforestation ou de braconnage menées par et pour le fonctionnement de nos sociétés.

Est-ce que des crises semblables pourront se reproduire ?

On a toutes les raisons de le penser, car d’autres facteurs liés aux bouleversements écologiques et à nos modes de vie favorisent la mise en contact des humains avec des « nouveaux » virus. La déforestation, toujours à l’œuvre, mais aussi le réchauffement climatique qui fait fondre le pergélisol dans les zones polaires, libérant des virus et des bactéries qui étaient piégées dans la glace.

Vidéo du monde sur la fonte du pergélisol

C’est pourquoi il est tout à fait justifié de dire qu’il faut se saisir de la crise du Covid-19 pour réfléchir à notre modèle de société et l’infléchir dans un sens qui pourrait nous permettre de diminuer ces risques.